Depuis longtemps, les gens se demandent si le trouble bipolaire est génétique. C'est une question qui touche à la part de ce que nous sommes qui est façonnée par nos gènes par rapport à notre environnement. La science a beaucoup travaillé pour le comprendre, et il s'avère que la réponse est compliquée, mais il existe bel et bien un lien.
Comment la recherche scientifique a-t-elle confirmé le lien génétique avec le trouble bipolaire ?
Comprendre comment la génétique est liée au trouble bipolaire a nécessité des décennies de recherche et des méthodes scientifiques classiques. Au fil du temps, différents types d'études ont accumulé des preuves montrant que les gènes jouent un rôle majeur dans l'apparition de cette affection cérébrale.
Quelle est la différence entre l'héritabilité et l'inévitabilité génétique ?
Il est important de faire une distinction entre héritabilité et inévitabilité. L'héritabilité signifie qu'un trait se retrouve dans les familles plus souvent que le hasard ne le prédirait, tandis que l'inévitabilité implique que le fait d'avoir un gène particulier garantit qu'une personne développera l'affection.
Pour le trouble bipolaire, l'héritabilité est élevée, mais l'inévitabilité génétique est faible. En d'autres termes, les gènes augmentent la probabilité, mais ils ne la garantissent pas.
Les estimations d'héritabilité pour le trouble bipolaire se situent généralement autour de 60-85%.
L'environnement, les événements de la vie et d'autres facteurs jouent toujours des rôles majeurs.
Le risque génétique est partagé entre les troubles de l'humeur et les troubles psychiatriques, mais tous les proches ne développent pas la même affection.
Quels schémas spécifiques les études sur les populations et les familles ont-elles révélés ?
Les chercheurs ont utilisé de vastes études de population et suivi les antécédents médicaux dans les familles pour détecter des schémas de trouble bipolaire se manifestant davantage chez les parents biologiques.
Les résultats sont assez clairs : les parents au premier degré (parents, frères et sœurs, enfants) présentent des taux de trouble bipolaire plus élevés que la population générale. Voici un tableau simple présentant certains des résultats classiques :
Risque dans la population générale | Risque si parent au premier degré | Taux de prévalence chez les frères et sœurs | Taux de prévalence chez les jumeaux dizygotes | Taux de prévalence chez les jumeaux monozygotes | |
|---|---|---|---|---|---|
\~1% | 10 fois plus élevé que dans la population normale | 5–10% | 10% | >50% |
Pourquoi l'identification de "gènes de la bipolarité" spécifiques est-elle considérée comme un défi si complexe ?
Pourquoi est-il peu probable qu'un seul gène cause le trouble bipolaire ?
Aucun gène unique n'a jamais été identifié comme causant à lui seul le trouble bipolaire. Au lieu de cela, la recherche pointe vers de nombreuses variantes génétiques différentes, chacune apportant une légère augmentation du risque.
Ces minuscules influences s'accumulent, et leur combinaison — associée aux expériences de vie et à l'environnement — peut faire pencher la balance. Les chercheurs appellent cela un modèle polygénique, ce qui signifie que de nombreux gènes sont impliqués, aucun n'agissant seul.
Les études familiales et les analyses de grandes populations continuent de montrer ce schéma : de nombreuses pièces dispersées, et non un coupable unique.
Quelle est l'importance des études d'association génome entier dans cette recherche ?
Les GWAS analysent les gènes de groupes de personnes immenses, parfois des dizaines de milliers de personnes. Ils repèrent les variantes génétiques qui apparaissent plus souvent chez les personnes atteintes de trouble bipolaire que chez les autres. Les GWAS ont mis en évidence des dizaines de variantes possibles, mais les effets sont généralement faibles.
Caractéristiques communes des GWAS dans la recherche sur la bipolarité :
Nécessitent des cohortes de participants vastes et diversifiées
Identifient des schémas à travers tout le génome, et pas seulement dans une région
Nécessitent souvent des études répétées pour confirmer les résultats
Les résultats des GWAS sont un point de départ. Ils suggèrent des zones du génome méritant une étude plus approfondie, mais découvrir comment ces variantes affectent l'organisme est une autre étape importante.
Comment les scores de risque polygénique aident-ils à estimer la prédisposition individuelle ?
Puisqu'aucun gène unique n'est responsable, les scientifiques ont trouvé un moyen de regrouper les effets de nombreux gènes. C'est là que les scores de risque polygénique (PRS) entrent en jeu.
Un PRS additionne le risque de nombreuses variantes génétiques qu'un individu porte, chacune étant pondérée par la force de son lien avec le trouble bipolaire.
Voici un tableau simple montrant ce qu'un score de risque polygénique plus ou moins élevé peut signifier :
Score de risque polygénique | Interprétation |
|---|---|
Faible | Risque typique de la population |
Modéré | Risque légèrement augmenté |
Élevé | Plus susceptible de se développer (mais sans certitude) |
Quelles voies biologiques clés les chercheurs ont-ils impliquées dans cette affection ?
Avec toutes ces légères impulsions génétiques, les chercheurs en neurosciences tentent de suivre les voies qu'elles affectent.
Quelques voies génétiques notables liées au trouble bipolaire :
La signalisation calcique dans les cellules cérébrales (importante pour la régulation de l'humeur)
Les systèmes qui contrôlent la communication entre les neurones (synapses)
La façon dont les cellules gèrent le stress ou l'inflammation
Certaines variantes génétiques peuvent aider à expliquer comment les signaux cérébraux se déséquilibrent dans le trouble bipolaire. Les scientifiques étudient également comment ces variantes pourraient affecter la réponse aux médicaments, bien qu'il s'agisse encore de travaux préliminaires.
En résumé, la recherche de gènes liés à la bipolarité est en cours et reste d'une grande complexité, mais chaque nouvelle découverte rapproche la science de la compréhension des origines de cette affection.
Comment les modèles d'ondes cérébrales (EEG) sont-ils utilisés comme indices pour identifier le risque génétique ?
Pour combler le fossé immense entre les facteurs de risque génétiques abstraits et les symptômes cliniques complexes du trouble bipolaire, les généticiens psychiatriques s'appuient fréquemment sur l'étude des endophénotypes. Les endophénotypes sont des marqueurs biologiques objectifs et héritables associés à une maladie spécifique, mais qui représentent un reflet plus fidèle de l'architecture génétique sous-jacente que les symptômes comportementaux externes.
L'électroencéphalographie (EEG) offre une méthode non invasive très efficace pour identifier certains de ces traits neurophysiologiques. En théorie, en mesurant l'activité électrique en temps réel du cerveau, les chercheurs peuvent isoler des schémas d'activité cognitive spécifiques et influencés par la génétique qui se transmettent dans les familles ayant des antécédents de trouble bipolaire, même chez les proches qui ne présentent actuellement aucun symptôme clinique.
Un exemple marquant à cet égard est la recherche psychiatrique en cours impliquant les potentiels évoqués cognitifs (ERP), en particulier l'onde P300. La P300 est une réponse électrique mesurable dans le cerveau associée à l'attention, à la mémoire de travail et aux fonctions exécutives.
Des études démontrent fréquemment qu'une amplitude P300 atténuée, ou réduite, est un trait hautement héritable concentré au sein des familles de personnes bipolaires, suggérant qu'elle sert de signature cérébrale tangible de la vulnérabilité génétique. En cartographiant ces traits neurophysiologiques spécifiques par rapport à des données génétiques à grande échelle, les scientifiques peuvent suivre plus clairement comment des variantes génétiques particulières altèrent le fonctionnement cérébral de base.
La génétique est-elle différente entre le trouble bipolaire I et le trouble bipolaire II ?
Quels chevauchements et distinctions génétiques existent entre les types de bipolarité ?
Le trouble bipolaire I et le bipolaire II, bien qu'ils partagent de nombreuses caractéristiques, pourraient également présenter certaines différences génétiques.
La recherche a constamment démontré que la génétique joue un rôle important dans le trouble bipolaire en général. Cependant, identifier des différences génétiques exactes entre le trouble bipolaire I et le trouble bipolaire II a été un défi.
Les premières études, telles que les études sur les familles et les jumeaux, ont suggéré un lien génétique fort pour les deux, mais n'ont pas toujours séparé clairement les deux types. Certaines recherches ont laissé entendre que certains facteurs génétiques pourraient être plus fortement associés au trouble bipolaire I, qui implique généralement des épisodes maniaques plus graves.
D'autres suggèrent que l'architecture génétique pourrait être plus semblable que différente, les variations dans l'expression de ces gènes conduisant aux différentes présentations cliniques.
De quelles manières le patrimoine génétique influence-t-il la présentation des symptômes ?
Bien que nous n'ayons pas de marqueur génétique définitif pour distinguer le "Bipolaire I" du "Bipolaire II", la génétique peut influencer comment le trouble se manifeste. Par exemple, les prédispositions génétiques peuvent affecter :
La gravité des épisodes de l'humeur : Certaines variations génétiques pourraient être liées à l'intensité et à la durée des épisodes maniaques ou hypomaniaques, ainsi qu'aux phases dépressives.
La présence de caractéristiques psychotiques : La génétique pourrait jouer un rôle dans le fait qu'une personne présente ou non des symptômes psychotiques, qui sont plus fréquents dans le trouble bipolaire I.
L'âge d'apparition : L'âge auquel les symptômes apparaissent pour la première fois peut parfois être influencé par des facteurs génétiques.
La réponse au traitement : Bien qu'il ne s'agisse pas d'un symptôme direct, le profil génétique peut influencer la façon de réagir à certains médicaments, ce qui est indirectement lié à la santé cérébrale.
Quelles sont les orientations futures et les implications pratiques de la recherche génétique ?
Un test génétique définitif pour le trouble bipolaire est-il actuellement possible ?
À l'heure actuelle, il n'existe pas de test génétique unique permettant de diagnostiquer définitivement le trouble bipolaire. Les scientifiques ont découvert que de nombreux gènes différents, chacun ayant un effet mineur, contribuent probablement au risque d'une personne. Cela signifie que le fait de posséder une certaine variante génétique ne signifie pas automatiquement qu'une personne développera l'affection.
Il s'agit plutôt d'une interaction complexe entre des facteurs génétiques, des influences environnementales et des expériences de vie. Bien que les chercheurs parviennent de mieux en mieux à identifier ces marqueurs génétiques, leur utilisation pour un diagnostic individuel est encore très lointaine. Il s'agit davantage de comprendre les risques et les facteurs contributifs que d'obtenir une réponse simple par oui ou par non.
Comment les profils génétiques pourraient-ils orienter la transition vers une médecine personnalisée ?
Même si un test de diagnostic direct n'est pas encore disponible, la recherche génétique commence à ouvrir la voie à des approches thérapeutiques plus personnalisées.
L'idée est qu'en comprenant les voies génétiques spécifiques impliquées dans le trouble bipolaire d'un individu, les médecins pourraient être en mesure d'adapter les médicaments ou les thérapies de manière plus efficace. Par exemple, certains gènes sont liés à la façon dont l'organisme assimile certains médicaments.
Savoir cela pourrait aider à prédire quels médicaments seraient les plus efficaces ou causeraient le moins d'effets secondaires chez une personne donnée.
L'avenir de la génétique du trouble bipolaire
Alors, où tout cela nous mène-t-il ? Il est assez clair que le trouble bipolaire n'est pas causé par seulement un ou deux gènes. Il semble plutôt que plusieurs gènes, chacun ayant un effet minime, soient impliqués. Cela rend la compréhension du profil génétique exact particulièrement complexe.
La science s'oriente vers la compréhension non seulement des gènes impliqués, mais aussi de la manière dont ces gènes affectent réellement les processus de l'organisme, conduisant aux symptômes observés. Étant donné que le trouble touche à des expériences humaines aussi fondamentales que l'humeur, l'énergie et le comportement social, il est logique que ses racines génétiques soient complexes et fassent intervenir de nombreux réseaux de gènes et de protéines différents.
Il est même possible que certaines de ces variations génétiques se soient développées parce qu'elles offraient un avantage dans certains environnements. En fin de compte, comprendre la génétique du trouble bipolaire pourrait s'avérer aussi difficile que de comprendre la psychologie humaine elle-même.
La prochaine décennie se concentrera probablement sur l'identification de quelques gènes clés, puis sur l'étude approfondie des voies biologiques qu'ils influencent. Cela pourrait éventuellement conduire à de nouvelles façons de traiter le trouble, peut-être en ciblant des étapes spécifiques de ces voies plutôt que les gènes eux-mêmes.
La route est longue, mais les progrès accomplis sont significatifs.
Références
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Foire aux questions
Le trouble bipolaire est-il héréditaire ?
Oui, des études montrent que le trouble bipolaire est souvent présent au sein des familles. Cela signifie que le fait d'avoir un membre de sa famille atteint de trouble bipolaire peut augmenter vos chances de le développer, mais cela ne le garantit pas. Il s'agit plutôt d'un risque accru et non d'un résultat inévitable.
Qu'est-ce que les « scores de risque polygénique » ?
Les scores de risque polygénique sont un moyen utilisé par les scientifiques pour tenter de mesurer votre risque génétique global pour une affection comme le trouble bipolaire. Ils examinent de nombreuses variations de gènes différentes et additionnent leurs effets pour obtenir un score. C'est un moyen d'avoir une vision plus large de l'influence génétique.
Les médecins peuvent-ils dépister le trouble bipolaire à l'aide des gènes ?
Actuellement, il n'existe pas de test génétique simple permettant de dire avec certitude si une personne a ou développera un trouble bipolaire. Comme de nombreux gènes sont impliqués et que leurs effets sont minimes, le dépistage n'est pas assez précis à lui seul pour poser un diagnostic.
Comment les études sur les jumeaux nous aident-elles à comprendre la génétique du trouble bipolaire ?
En comparant des jumeaux identiques (qui partagent la quasi-totalité de leurs gènes) à des jumeaux non identiques (qui en partagent environ la moitié), les scientifiques peuvent évaluer dans quelle proportion une affection comme le trouble bipolaire est due aux gènes par rapport à d'autres facteurs, tels que l'environnement.
Quelle est la différence entre le Bipolaire I et le Bipolaire II sur le plan génétique ?
Bien que les deux types de troubles bipolaires partagent de nombreux facteurs génétiques, il pourrait y avoir des différences subtiles. Des recherches sont en cours pour déterminer si des schémas génétiques spécifiques sont davantage liés aux épisodes maniaques sévères du trouble bipolaire I ou aux épisodes hypomaniaques moins intenses du trouble bipolaire II.
Comment la génétique influence-t-elle les symptômes du trouble bipolaire ?
La génétique peut jouer un rôle dans la manière dont le trouble bipolaire se manifeste. Elle peut influencer les types de sautes d'humeur d'une personne, leur gravité ou encore sa réaction à certains traitements. Cela fait partie d'un ensemble complexe de facteurs.
La compréhension de la génétique du trouble bipolaire pourrait-elle mener à de nouveaux traitements ?
Oui, tout à fait. En découvrant quels gènes et quelles voies biologiques sont impliqués, les scientifiques espèrent mettre au point des traitements plus ciblés. Cela pourrait se traduire par de nouveaux médicaments ou des méthodes pour aider les gens à gérer leurs symptômes plus efficacement.
Le fait d'avoir un risque génétique signifie-t-il que je développerai définitivement un trouble bipolaire ?
Non, avoir une prédisposition génétique signifie que vous avez une probabilité plus élevée, mais cela ne scelle pas votre destin. De nombreux autres facteurs, tels que les expériences de vie et l'environnement, jouent également un rôle important dans l'apparition ou non de cette affection.
Emotiv est un leader des neurotechnologies qui aide à faire progresser la recherche en neurosciences grâce à des outils d'EEG et de données cérébrales accessibles.
Christian Burgos




